dimanche 6 décembre 2015

Le jour où j'ai changé la vie d'un parfait inconnu.

Il arrive dans nos vies, un jour où l'on croise le chemin de quelqu'un, quelqu'un qu'on ne connait absolument pas, quelqu'un avec qui on n'aurait probablement jamais été amis et qu'on n'aurait même probablement jamais croisé en temps normal. Une personne qui, en quelques instants passe du statut de parfait inconnu à celui de leçon qui bouleverse ton quotidien et qui laissera sa trace dans ta vie à jamais.


C'était le 24 août, un lundi. Il est 18h, mon copain me lance un "dis, je viens de lire un truc sur le groupe FB de mon village natal, y'a un mec qui s'est retrouvé SDF et qui vit dans les bois... on y va ?" (pour info, ce village est à moins de dix minutes du nôtre). Je vous ai déjà dit que chez moi on a une légère tendance à prendre des décisions un peu carrément impromptues? Non? Très bien, maintenant oui.
Ma première réaction : "euh ça va pas? on fait quoi de la petite?!" (notre fille, trois ans).
"Bah, on la prend avec, on risque rien. On va le voir et on va manger avec lui ce soir !"
Okay c'est parti, je réfléchis pas vraiment, avant de partir je regarde dans mes armoires, j'embarque un paquet de biscuits et une bouteille de jus (ne sachant pas si ce monsieur est réellement sur place, ni ce dont il a besoin), et en voiture tous les trois. On arrive sur place, on rentre à peine dans le petit bois, et après quelques petites minutes on voit sa tente.
J'ai du mal à avancer jusqu'à cet abri de fortune, caché par des branchages (il nous expliquera par la suite qu'il l'a camouflé à cause des promeneurs). J'ai les jambes en coton, je tiens ma fille dans les bras et j'ai l'impression que plus j'avance, plus le sol se dérobe sous mes pieds.

On "toque" sur la toile de la tente, on demande s'il y a quelqu'un. Après quelques secondes de silence, des regards hésitants entre mon copain et moi, on entend "oui j'arrive" à l'intérieur... Et il sort.

Un monsieur de 38 ans, très mince, très affaibli, très peu présentable au premier abord.
Il a l'air surpris de nous voir là, il se montre méfiant les 20 premières secondes, nous prenant pour des rôdeurs cherchant les ennuis (il n'avait pas encore vu notre choupinette qui s'était cachée derrière mes jambes). Mon copain lui explique brièvement pourquoi on est là, on se présente à peine, je n'arrive pas à prononcer le moindre mot. J'ai une brique dans l'estomac à ce moment-là, les larmes ne demandent qu'à couler mais j'essaie de les refouler par respect pour lui (et puis, pleurer devant quelqu'un que je connais depuis moins d'une minute, un peu de tenue voyons).
On lui propose d'aller manger, il nous répond "mais euh, j'ai pas les moyens..", j'ai de plus en plus de mal à me contenir, je vois que mon copain a du mal aussi lorsqu'il lui dit la voix nouée "non mais on te le paie, allez viens". On retourne à la voiture et là j'explose.
A ce moment, je me demande pourquoi, comment. J'ai le coeur en morceaux, et ce n'était que le début.

On s'installe à un fast-food local, on commande nos repas. Il ne prend qu'un tout petit truc, nous remercie au moins dix fois, nous dit qu'on est les seuls à être venus le voir. Larmichettes, le retour. Refoule, refoule !
On n'ose pas lui poser de questions.
Il se dévoile un petit peu, nous explique comment il s'est retrouvé à la rue, sous une tente car n'ayant pas droit aux allocations de chômage ni à aucun autre revenu.
Cela fait 3 semaines qu'il vit là, ses nuits sont quasi blanches à cause des gibiers et des orages qui le réveillent et l'empêchent de se rendormir. Il n'avait pas mangé de truc convenable depuis plus d'une semaine. Étant installé dans un bois, il a eu droit à la police chaque jour, qui venait vérifier ce qu'il faisait là, s'il ne faisait pas de feu (c'est évidemment interdit, donc ce pauvre homme devait manger le peu de conserves qu'il avait, froides). Il n'a plus de famille, pas d'amis qui lui tendraient la main.
Il est seul et ne sait pas comment s'en sortir, mais il en a envie, il veut trouver un travail et retrouver un logement. Seulement, le peu de patrons l'ayant accepté en entrevue l'ont prévenu: pas de domicile fixe = pas de travail. Et pas de travail = pas de revenu pour pouvoir payer un loyer. Tu le vois le cercle sans fin?
Le repas se termine, on en a gros sur la patate, on est obligés de le ramener à sa tente.
On discute un moment avec lui, notre fille l'aime bien elle n'arrête pas de l'embêter pour qu'il joue avec elle. Il se fait tard, on lui promet de revenir le lendemain matin avec du café bien chaud et de quoi prendre un bon petit-déjeuner. On lui dit au revoir et on retourne à la voiture, le laissant là.


La "maison" de Guy.
Comment vous expliquer à quel point mon coeur s'est serré à ce moment précis?
C'est comme si je ne pouvais plus respirer. Comme si on venait de m'arracher les tripes.
Pourquoi le monde est si cruel, pourquoi suis-je obligée de laisser un homme, complètement seul, dans le froid sous sa tente pour un nombre indéterminé de nuits et de jours alors que moi je vais retrouver mon lit et tout mon petit confort? Sur le chemin du retour j'avais envie de vomir, de pleurer, de hurler, de retourner près de lui et lui dire plein de choses que je n'ai pas su lui dire. Car même un simple "ça va aller", j'ai pas eu le coeur de lui sortir. On ne peut pas dire "ça va aller" dans ces situations-là, ce serait mentir car on n'en sait rien. Et pourtant j'aurais voulu lui dire, comme une promesse que je lui aurais faite.
Suite à cette rencontre aussi brisante qu'inattendue, j'ai lancé un appel sur mon FB. Un simple message pour dire à quel point j'avais mal, expliquant brièvement la situation, et qu'il fallait l'aider. Je ne pensais pas à ce moment-là que ce simple statut allait créer une telle vague de générosité et d'humanisme. C'est simple, je pense que je n'ai jamais eu autant de "J'aime" et de commentaires sur un simple statut.
Un mois là-dedans...
Cette nuit-là j'ai très mal dormi. Je n'ai fait que cauchemarder, des rêves horribles où il disparaissait tout bonnement, d'autres où il se faisait tuer par des malades en pleine nuit, d'autres où il refusait notre aide et nous disait qu'il préférait mourir là plutôt que nous accepter dans sa vie. Bref, je suis pas tranquille, pourtant j'ai pas vraiment tendance à être une grosse stressée (non non).

Le lendemain comme promis, on est retournés le voir avec de quoi manger pour la matinée et pour les 2-3 jours suivants. Deux autres personnes sont allées à sa tente juste après qu'on soit partis la veille au soir (dont un qui est par la suite devenu un de mes meilleurs amis, ah le destin), et quelques-unes sont venues au courant de la journée lui amener à manger, à boire, des vêtements, couvertures et autres. On a encore dû le laisser à la fin de la journée, néanmoins le coeur un peu moins lourd (même si ça n'a de nouveau pas été de gaîté de coeur), car on avait déjà quelques pistes à explorer pour lui trouver un logement provisoire.
Les deux jours qui ont suivi n'ont été qu'épuisement et montagnes russes émotionnelles pour moi.
J'ai contacté en tout, une cinquantaine de personnes sur ces deux jours. J'ai consacré mes journées entièrement à lui, entre appels, messages FB et sms, allers-retours jusqu'à sa tente. Je ne prenais même plus le temps pour manger, prendre une douche, absolument aucune minute pour moi seule: c'était devenu mon seul but, une course contre la montre, un peu. J'ai finalement fini par entrer en contact avec "les bonnes personnes", celles qui m'ont aidée à débloquer la situation.

Le jeudi matin, j'ai ENFIN obtenu un logement pour Guy. J'ai reçu la clé de la maison du curé de mon village, inoccupée et totalement vide: aucune vaisselle, pas de télé ni de frigo, pas même un lit. Juste un fauteuil au milieu du salon. Mais au moins, c'était une maison, et pas une tente.
Avec une "copine" (une fille absolument adorable que je ne connaissais pas, que j'ai contactée la veille via FB et qui est venue avec moi chercher la clé le jeudi matin), on est allées à sa tente sans prévenir vers 10 heures. Arrivées là-bas on lui dit bonjour, on se parle vite fait, et je lui sors un "t'es prêt?" plein d'enthousiasme.
"Prêt pour quoi?"
"On t'a trouvé une maison, on est venues te chercher là, allez viens on lève le camp !"

Ni une ni deux, le voilà en train de retirer toutes les branches qui protégeaient sa tente (aidé par moi), on la replie, on débarrasse toutes ses affaires jusqu'au coffre de la voiture, aidés par ma puce de trois ans, et nous voilà partis -entre-temps rejointes par un autre garçon (avec qui j'ai aussi gardé contact encore à ce jour) suite à mon message sur FB prévenant qu'on allait le chercher, venu nous prêter main forte pour tout déménager-. Dans la tente, il y avait de quoi manger pour au moins dix jours, tellement les gens des alentours avaient été touchés par mon message. C'était tout simplement à peine croyable.



Arrivés devant sa maison provisoire, c'est pleine d'émotion que je lui ai tendu sa clé et l'ai laissé ouvrir la porte. Il était si heureux, il n'en revenait pas. Il n'avait même pas les mots.
En moins de quatre jours, on l'avait relogé, aidé à se nourrir correctement, on a été plusieurs à se souder autour de lui, comme la famille qu'il n'avait pas.


Par la suite, il y a eu d'autres événements, tout aussi décevants qu'inattendus (il n'a rien fait de mal, c'est tout ce que je dévoilerai ici), mais après deux semaines d'émotions encore très intenses, on lui a trouvé un logement "à long terme".
Je vais parfois encore lui rendre visite, pas aussi souvent que je le voudrais, mais j'aime beaucoup le revoir de temps en temps. La dernière fois que je l'ai vu (il y a un peu plus d'un mois), il avait un entretien pour un job, il allait physiquement et moralement très bien, il commençait tout doucement à sortir la tête de l'eau au niveau administratif et émotionnel. QUE-DU-BONHEUR.

En résumé? Beaucoup de larmes, beaucoup d'émotions fortes.
Une énorme claque, une leçon que je garderai à vie.
Personne n'est à l'abri de se retrouver à sa place, et j'aimerais pouvoir en aider d'autres de la même façon que je l'ai aidé. J'ai vu en Guy, comme un tonton trop cool, presque un grand frère qui n'a usé que de malchance dans la vie et qui s'est un jour retrouvé SDF pendant un mois. Ça aurait pu arriver à un de mes amis, à quelqu'un de ma famille.

Je connais des gens qui ont le jugement facile. Qui n'auraient même pas songé une seconde à aller voir Guy, à tenter de l'aider. "Il l'a bien cherché, si on est droit dans ses bottes on ne se retrouve pas seul et à la rue"... Détrompez-vous les gars. D'autres qui se contentaient de m'écrire (et me faire perdre du temps par la même occasion) derrière leur pc, les fesses au chaud "ho mais le pauvre, holala faudrait que les aides sociales se bougent hein, pfff". Euh t'es gentille mais ce genre de commentaire inutile ne fait pas avancer les choses. Parler, écrire, c'est cool. Mais agir, c'est quand même mieux. Sans parler des curieux qui voulaient uniquement connaitre les circonstances de la situation et qui n'ont pas bougé un doigt de pied pour lui. Des gens qui lorsqu'ils passent devant une personne SDF, ne lui accordent pas un seul regard, pas un sourire. Ça vous coûte quoi, en fait?
 
Si c'était à refaire, je n'hésiterai pas une seule seconde, encore moins que cette soirée où on a fait sa connaissance. Tout le monde a droit à une seconde chance, et je suis aussi émue que fière lorsque je parle de lui. C'est "mon" Guy, celui qui a bouleversé ma vie bien plus que je n'ai bouleversé la sienne.


mercredi 11 novembre 2015

Les régimes, le sport et moi.

Je pense que parmi les choses qui me caractérisent le plus, celles en tête de liste sont ma force mentale et ma détermination. Quand je veux réellement quelque chose, je m'en donne les moyens et je lâche pas -bon, j'ai aussi tendance à m'en foutre de la plupart des situations, mais si je décide quelque chose, rien ne me fera changer d'avis-.
Ceux qui me connaissent (que ce soit "en vrai" ou sur FB ou Instagram) l'ont compris, en ce début d'année 2015 j'ai décidé de changer d'image.

Exit les piercings : ce fut plutôt bizarre de m'en séparer après 7 ans, mais au final, je pense que ça a été l'élément déclencheur. Rien qu'avec deux bouts de ferraille en moins, j'avais déjà changé et ça me faisait une sensation assez bizarre mais plutôt sympa. J'avais le pouvoir de changer si je le voulais (ne me prenez pas pour une cinglée, même si c'est probablement déjà fait).
Le simple fait de les retirer a adouci mon visage, m'a donné un air moins "dur".


Me voilà donc sans piercings visibles, cette passe d'ado rebelle est maintenant derrière moi malgré ma conviction profonde quant au fait que jamais ils ne me quitteraient et que je serai une Mamy Métal -admirez le jeu de mots, auto-congratulations là- à 85 ans avec mes piercings.
Oui, mais... J'avais pas envie de m'arrêter en si bon chemin.

J'ai toujours eu un embonpoint. "C'est de famille", m'ont toujours dit affectueusement mes parents, mes cousines, oncles et tantes, "mais tu es quand même jolie ! Et puis, vu ta morphologie, tu ne saurais pas maigrir car c'est dans les gênes." Bien sûr. Tu vas voir ce que je leur dis, aux gênes.

Après ma grossesse où j'ai quand même pris plus de 30kg, ça a été le coup de grâce. Ma balance affichait un peu plus de 90kg, je n'ai jamais été aussi mal avec mon image. Pour info, je mesure 1m66, mon imc frôlait allègrement 35 (la "normalité" se situant entre 19 et 25).
J'avais honte de moi.
La priorité étant à l'époque mon tout petit bébé, j'ai essayé de passer outre. Et puis un jour, janvier 2015 donc, j'ai quand même osé me peser. J'étais à 87kg, les fêtes venaient de passer et je me suis dit "maintenant, plus aucune excuse".
Cette honte qui me poursuivait depuis deux ans, j'ai décidé de la transformer en fierté.
J'ai donc commencé à faire attention à mon alimentation. Moins de grignotages, petits-déjeuners complets (fruits à gogo surtout) et ultra-colorés, histoire de motiver celle qui ne prenait plus le temps pour manger le matin, léger à midi, et très léger le soir. Ça a fonctionné, en mars ma balance m'affichait 7kg de moins.

Vis ma vie d'Instagrameuse. Mais avouez qu'un Pika-petit-déj c'est classe !

Puis -ce passage va vous sembler bizarre, mais ne partez pas-, lors d'une consultation de routine chez le vétérinaire pour ma chienne, il m'a dit "houlà, elle est un peu grasse... Faites attention, ça risque de lui causer du tort sur le long terme". Attendez, mon gros bébé en surpoids, qui risquait d'avoir mal aux pattes, aux lombaires et autres, tout ça parce que je ne la faisais pas assez se dépenser ? Et par conséquent, ça voulait dire que moi non plus je ne me dépensais pas assez... Et la mettre au régime, je ne pouvais pas car sa ration était normale pour son gabarit. J'ai culpabilisé. Le sport, ça n'a jamais été fait pour moi. Sérieusement, rien que voir quelqu'un faire son jogging me fatiguait. Et pourtant, il allait falloir que je commence au moins à faire de longues ballades avec elle... Misère.
Et puis, j'ai quand même commencé à marcher un peu avec elle. C'était assez reposant, elle avait l'air d'apprécier autant que moi.

Mai 2015, 77kg. 10kg perdus sur 4 mois, de quoi être plutôt fière !
Un événement plutôt traumatisant pour moi a eu lieu, le jour de mon anniversaire (j'ai toujours eu une certaine tendance à attirer la poisse, et ce jour-là, elle a ramené toutes ses copines avec). Un décès, une perte très douloureuse dans la famille. -Pensée émue pour toi Mégan ☆-
Ce n'était plus une question de motivation, d'envie de perdre du poids, mais un besoin d'évacuer.
Je n'arrivais pas à décrire ce que je ressentais suite à cet évènement, j'étais triste, impuissante, vide de toute émotion. Le lendemain de cette date tragique qui était pourtant censée être heureuse pour moi, j'ai enfilé mes baskets, j'ai pris mon chien et je suis sortie de la maison.

Je m'en souviendrai toujours : il pleuvait. Il y avait de la boue partout, dans ce petit bois où j'ai décidé de mener ce combat contre la tristesse qui m'envahissait. Avant de commencer à courir je me suis sentie bête, là sous la pluie, car j'avais horreur du sport, et pourtant c'était la première chose qui m'avait traversé l'esprit. J'ai donc commencé à courir. J'ai tenu 5 minutes, à allure modérée, puis j'ai fait une pause, suffoquant tel un phoque. Ça faisait tellement de bien que j'ai recommencé. J'ai couru 15 minutes ce jour-là, et en rentrant, je me suis mis en tête d'y retourner le lendemain, et de ne plus lâcher. Tant pour évacuer mon mal-être que mes kilos.

Le lendemain j'y suis retournée. Le surlendemain aussi. Et ainsi de suite, j'y suis allée chaque jour, malgré le froid, la pluie, le manque de motivation. Ma chienne paraissait tellement heureuse en courant, tellement plus épanouie, et je l'étais aussi.
Les kilos descendaient eux, de manière assez fulgurante même.
Je suis arrivée à 69kg en juillet. Ce chiffre était pour moi symbolique, car je quittais les 70, et surtout, mon IMC était enfin à 25. Papa, maman, mes gênes vous saluent.


Au fil des mois, j'ai tissé un lien unique avec ma chienne.
Je l'aimais déjà bien avant, bien sûr. Mais depuis ce mois de mai, un nouvel amour s'est installé entre elle et moi. Elle me comprend, elle sent les jours "sans", où j'ai envie d'abandonner, où je suis triste d'avoir repris quelques grammes, et lorsque c'est le cas elle vient me réconforter à sa façon.
Chaque jour elle vient me chercher pour aller courir, toujours à la même heure.
Et les rares jours où je ne peux y aller -il faut vraiment que je sois à l'agonie ou sur le point de partir quelque part, car courir est une de mes priorités-, elle me fait la tête !

'spèce de Dégolass.
                                                                

Aujourd'hui, nous sommes le 11 novembre.
Où j'en suis?
64kg, une pêche d'enfer, affinée de partout (surtout des cuisses, du ventre, des bras et des fesses... puis des seins aussi, enfin, pour ce qu'il en reste... ouais, partout en fait), un physique nettement plus sportif et une endurance à toute épreuve. Le sport est devenu un passe-temps, même une passion. Me dépenser, sentir mes muscles, même si parfois ça fait mal, au final ça fait du bien. Je ne me sens pas complète les rares jours où je ne cours pas, pas "en paix", c'est devenu une activité on ne peut plus normale pour moi, un peu comme le brossage de dents -cinglée-.

Ah que coucou.


Ça fait deux semaines que je fais un exercice (la planche, qui consiste à tenir un certain temps, puis au bout de 28 jours, le plus longtemps possible en dépassant les 3 minutes). Je tiens à présent 2 minutes, ce qui est honnêtement pas mal !
Quant à la course, moi qui atteignais péniblement le kilomètre en mai, j'en parcours à présent 10 sans trop de mal, et sans aucun arrêt (héhé !). D'ailleurs, l'application Nike+ est une de mes meilleures copines -elle est gratuite, aussi, et tout ce qui est gratuit est bien-.

Non mais vous avez vu cet air satisfait ?
                                                 

J'ai commencé le Top Body Challenge lundi, emmenant avec moi une amie (coucou Cha si tu passes par ici ) en plus de la course tous les jours et de la planche, histoire de me muscler un peu plus -même si mes mollets sont déjà en béton- et m'affiner encore un peu. Et je compte aussi me rendre à la piscine une fois par semaine, et même commencer la boxe -même si ce n'est pas du goût de certains qui ont peur pour mon "petit" nez-.

Mes amis, tant filles que garçons, me demandent des conseils pour perdre du poids. Une de mes cousines (coucou ♡) a même, elle aussi, commencé son combat contre les kilos en trop à mes côtés, en venant courir avec moi. On me demande si tel exercice est bien, combien je cours, on me félicite, on m'admire pour mon courage. J'inspire les gens, je les motive, et je crois qu'il n'y a rien de plus grisant.

Mine de rien, les encouragements et commentaires admiratifs de mes proches m'ont pas mal aidée. J'ai du mal à apprivoiser cette nouvelle image de moi, j'ai du mal à me rendre compte du changement.
Alors, entendre des "comme tu as changé/maigri !" ou mieux, rentrer d'une séance de sport intense qui m'a complètement tuée, filer à la douche et tomber sur ce genre de petit mot qui me fait presque monter les larmes aux yeux, ou ce genre de message d'une de mes meilleures amies qui m'attendait après une longue journée, je pense que ça n'a pas de prix. J'ai de la chance d'être entourée comme je le suis, que ce soit par mes amis, ma famille ou mon copain.


Je ne me sens toujours pas "bien" dans mon corps car je suis consciente qu'il reste encore du boulot, mais je m'accepte un tout petit peu plus qu'en début d'année. Je n'ai plus honte d'attendre ma fille à la sortie de la maternelle, parmi les autres mamans. Les regards moqueurs auxquels j'avais parfois droit dans la rue, sont devenus des regards admiratifs -ou de morts de faim, ça varie en fonction du type d'individu qui croise mon chemin-. Et même si pour le deuxième cas c'est un chouïa dégradant, je me sens tout de même flattée (pas trop quand même). Parce que j'ai réussi.
J'ai à présent un IMC totalement dans la moyenne, ce mot "obésité" ne s'affiche plus sur ma Wii-Fit, ce chiffre sur la balance me fait moins peur et me prouve que je suis forte et que je sais faire preuve de volonté.

Je dois néanmoins avouer que les moments des repas sont devenus pour moi de petites épreuves. Car j'ai peur, évidemment. J'ai peur de retomber dans cette spirale de la bouffe (le gras c'est la vie), ne plus savoir m'arrêter, et me retrouver à nouveau dans les 80kg. D'avoir fait tout ça pour rien.
Alors je continue mon régime, je fuis les féculents et le gras autant que possible (sauf le matin, je me permets un peu de pain ou une viennoiserie de temps en temps, quand même ! Le but étant de ne pas mourir d'ennui à table devant mes trucs ultra légers et parfois pas rigolos). Les légumes et les fruits sont mes meilleurs alliés, et à vrai dire, il ne me reste presque plus que ça étant donné que je ne mange pas non plus de viande, poisson, oeufs, produits laitiers -non mais elle est chiante en plus d'être tordue !-. Mais, ça me convient, car ce chiffre ne bouge plus depuis un petit moment, même si j'aimerais encore changer de dizaine. Je ne veux évidemment pas atteindre un IMC trop bas, je voudrais juste quitter la barre des 60. Par contre, manger des fruits H24 je dis no way (dédicace à ceux qui comprendront la référence, vous êtes des bons), alors de temps à autres je m'autorise ce qu'on appelle un "cheat meal" : gras, salé, sucré, ce dont j'ai envie -en quantité modérée tout de même, restons raisonnables-, le temps d'un repas. Et jusqu'ici, ça porte ses fruits (deuxième jeu de mots, au troisième je sors).


Aujourd'hui, je suis fière de celle que je suis devenue. Malgré que je ne sois pas parfaite, malgré que l'idée du bikini me fait encore angoisser horriblement (en fait, il est juste hors de question qu'un de ces trucs s'approche de moi), même s'il y a des jours où je suis totalement désespérée et où j'ai envie de baisser les bras. Ces jours-là, je repense à pourquoi j'ai commencé, et au chemin que j'ai parcouru.

Alors voilà, tout cet article pour vous dire de ne JAMAIS abandonner.
Quoi qu'on puisse vous dire, quoi que vous pensiez, même si ce sont des choses ancrées dans votre cerveau depuis toujours, si vous voulez quelque chose, vous POUVEZ l'obtenir.
Si j'avais écouté ma famille (que j'aime malgré tout :p), je pèserai actuellement toujours 85kg voire +, je serai toujours aussi mal dans ma peau et j'aurai encore droit aux hypocrites "mais non t'es pas grosse, t'as des formes et t'es joliiiie". Bah vas-y, prends 30kg et tu me diras ensuite si tu te sens bien formée et jolie toi aussi ! ;)

Ne pas lâcher, toujours garder votre objectif en vue. C'est ce que j'ai fait et que je continue de faire.
C'est bateau comme phrase, mais c'est pourtant réel.

Sur ce, je m'en vais faire la planche, deux douloureuses minutes m'attendent !

Love.